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Agroforesterie

Plants SEFCA4

Agroforesterie : la solution climatique que nous avions sous les yeux

On cherche partout la technologie miracle pour restaurer les sols, elle existe déjà : elle a des
racines, un feuillage, et ne tombe jamais en panne.

C’est l’agroforesterie.
Les terres dégradées couvrent aujourd’hui 2 milliards d’hectares (FAO 2023) soit 2x la Chine.
Chaque année, 24 milliards de tonnes de sol fertile disparaissent (UNCCD 2022), soit l’équivalent
d’un mètre de terre arable perdu toutes les 25 secondes.
Face à ça, planter des arbres dans les champs n’est pas un retour en arrière.

C’est une
ingénierie écologique d’une efficacité exceptionnelle.
Un système agroforestier bien conçu :

 augmente de 20 à 60 % la matière organique du sol en dix ans (CIRAD 2022),

 restaure 2 à 4 tCO₂/ha/an (World Agroforestry 2023),

 et stabilise la fertilité en continu.

Ses racines profondes vont chercher l’eau que les racines superficielles n’atteignent plus.

Résultat : en zone sèche, les cultures sous ombrage résistent 30 % mieux aux sécheresses
(IPCC AR6 2023).

Dans le Sahel, les fermes pratiquant la régénération naturelle assistée captent 30 à 40 tCO₂/ha
de plus que les champs nus (FAO 2021).

Côté économique, le verdict est clair rurale.

 Reboiser un hectare via des moyens industriels : 5 000 à 15 000 US$ (World Bank 2023).

 Régénérer cet hectare en agroforesterie : 500 à 1 500 US$ (Nature Climate Solutions
2024).

Dix fois moins cher. Dix fois plus durable.

Et tout en produisant des denrées, du bois, des fruits (donc des revenus pour les familles

On croit que restaurer la terre est une affaire de machines. En réalité, c’est une affaire de cycles
vivants : carbone, eau, racines, ombrage, pollinisateurs.

Une symbiose lente, cumulative, où chaque saison nourrit la suivante.

L’agroforesterie n’est pas un supplément d’âme.

C’est une infrastructure climatique vivante.

Restaurer les sols, c’est restaurer le climat.

Et la technologie la plus puissante pour y parvenir existe déjà : l’arbre cultivé

Définition

L’agroforesterie est un système de gestion durable des terres qui consiste à associer sur une même parcelle des cultures agricoles, des arbres et parfois de l’élevage, de manière à créer des interactions bénéfiques entre ces différents éléments.
C’est une pratique ancienne, remise au goût du jour pour ses nombreux avantages écologiques, économiques et sociaux.

Principe de base

Contrairement à l’agriculture intensive qui sépare cultures et forêts, l’agroforesterie cherche à intégrer les arbres au sein des systèmes agricoles.
Les arbres, les cultures et les animaux cohabitent, interagissent et se complètent :

  • Les arbres protègent les cultures du vent et de l’érosion.

  • Leurs racines améliorent la structure du sol et favorisent la rétention d’eau.

  • Les feuilles mortes et les débris végétaux enrichissent le sol en matière organique.

  • L’ombre modérée des arbres régule la température et l’humidité du sol.

Les grands types d’agroforesterie

  1. Agroforesterie sylvoarable : association d’arbres et de cultures (ex. blé entre des rangées de noyers).

  2. Agroforesterie sylvopastorale : association d’arbres et d’élevage (les animaux pâturent sous les arbres).

  3. Haies et bandes agroforestières : plantation de haies en bordure de champs pour protéger les cultures et abriter la faune.

  4. Systèmes tropicaux : cultures vivrières sous couvert forestier (ex. cacao ou café cultivé à l’ombre d’arbres fruitiers).

🌍 Objectifs et avantages

L’agroforesterie répond à plusieurs enjeux contemporains :

1. Environnementaux :Lutte contre la déforestation et la dégradation des sols.Stockage du carbone dans le bois et les sols, contribuant à la lutte contre le changement climatique.Amélioration de la biodiversité grâce à la présence d’arbres et d’habitats variés.Réduction de l’érosion, meilleure gestion de l’eau et de la fertilité des sols.
2. Économiques :Diversification des revenus des agriculteurs (bois, fruits, miel, cultures).Réduction des coûts liés aux engrais chimiques grâce à une fertilité naturelle du sol.Valorisation des produits issus de systèmes durables et responsables.
3. Sociaux :Amélioration de la sécurité alimentaire et de la résilience face aux sécheresses.Création d’emplois locaux durables.Transmission de savoir-faire traditionnels adaptés aux écosystèmes locaux.